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Affaire Jubillar : quand la défense attaque le témoin, une nouvelle bataille judiciaire s’ouvre


Cinq ans après la disparition de Delphine Jubillar, l’affaire continue de secouer l’opinion. Cette fois, la polémique ne concerne pas directement l’accusé, mais son entourage judiciaire. Après avoir publiquement qualifié l’ancienne compagne de Cédric Jubillar de « toxico­mane » et de « moitié prostituée », son nouvel avocat se retrouve visé par une plainte pour diffamation. Un nouvel épisode qui relance la tension autour d’un dossier déjà explosif.


Par A. Belize - Publié le Jeudi 5 Mars 2026 à 06:00

Affaire Jubillar : quand la défense attaque le témoin, une nouvelle bataille judiciaire s’ouvre
 

L’affaire Jubillar n’en finit plus de rebondir. Alors que Cédric Jubillar a été condamné en octobre dernier à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse Delphine Jubillar par la cour d’assises du Tarn, la procédure est loin d’être terminée. L’ancien peintre-plaquiste a fait appel et un nouveau procès pourrait se tenir d’ici fin 2026 ou début 2027. Mais avant même cette nouvelle audience, une controverse médiatique vient déjà raviver les tensions autour du dossier.

Depuis la nuit du 15 au 16 décembre 2020, lorsque Delphine Jubillar a disparu à Cagnac-les-Mines, son corps n’a jamais été retrouvé. Une absence qui continue d’alimenter interrogations et débats, alors même que l’accusé maintient son innocence.

Pour préparer son appel, Cédric Jubillar a récemment changé de défenseur et confié son dossier à l’avocat Pierre Debuisson. Une décision qui devait marquer un tournant stratégique. Mais les déclarations du pénaliste lors d’une intervention sur RTL ont rapidement provoqué une vive polémique.

En évoquant le témoignage de l’ancienne compagne de son client, Jennifer C., l’avocat n’a pas hésité à remettre frontalement en cause sa crédibilité. Il l’a décrite comme une « toxicomane » et une « moitié prostituée », estimant que le profil de certains témoins cités dans le dossier posait question.

Ces propos ont déclenché une réaction immédiate.

Selon plusieurs sources judiciaires, Jennifer C. a déposé une plainte pour diffamation contre l’avocat. Son propre conseil, Joaquim Sarda, dénonce des accusations infondées visant à discréditer sa cliente. Selon lui, elle n’a jamais fait l’objet d’aucune condamnation liée aux stupéfiants ou à la prostitution. Des affirmations qui, assure-t-il, ont profondément affecté sa vie personnelle et professionnelle.

Au cœur de cette tension judiciaire se trouve un témoignage potentiellement explosif. Jennifer C. affirme que Cédric Jubillar lui aurait confié en prison avoir tué son épouse. Lors de visites au parloir de la prison de Toulouse-Seysses, elle dit avoir entendu des aveux détaillés, allant jusqu’à la description du geste qu’il aurait utilisé pour étrangler Delphine.

Des propos que l’accusé continue de contester fermement.

Dans une affaire déjà marquée par l’absence de corps et des années d’enquête, chaque témoignage, chaque déclaration publique pèse lourd. Cette nouvelle bataille autour de la crédibilité d’un témoin pourrait ainsi prendre une importance particulière lors du futur procès en appel.