Jeudi soir, à Nantes, les détonations ont une nouvelle fois brisé le quotidien d’un quartier déjà profondément marqué par les violences liées au narcotrafic.
Vers 19h30, alors qu’il faisait encore jour, plusieurs coups de feu ont retenti dans le quartier du Port Boyer, au nord de la ville. Selon les premiers éléments de l’enquête, deux hommes circulant à vélo électrique auraient ouvert le feu avec un fusil d’assaut devant un immeuble de la rue de Pornichet.
Le bilan est dramatique : un adolescent de 15 ans a été tué sur place. Deux autres mineurs ont été blessés, dont un garçon de 13 ans dont le pronostic vital est toujours engagé.
Dans le quartier, les témoignages racontent une scène de panique absolue. “On a entendu une dizaine de tirs. J’ai attrapé ma mère pour rentrer vite dans l’immeuble”, raconte une habitante encore bouleversée.
D’autres évoquent des silhouettes cagoulées courant entre les immeubles après les coups de feu. Sur place, les enquêteurs ont retrouvé de nombreuses douilles de calibre 9 mm, éparpillées jusque sur le parking voisin.
Quelques minutes après le drame, les cris d’une mère ont résonné dans tout le quartier.
“On lui a tué son bébé”, souffle une riveraine, encore sous le choc.
Selon les autorités, la piste d’un règlement de comptes lié au trafic de stupéfiants est aujourd’hui privilégiée.
Mais la famille du jeune garçon tué assure qu’il n’avait aucun lien avec le trafic. “Ce n’était pas un délinquant. Il était juste venu voir un ami”, affirme sa tante, dévastée.
Les trois adolescents visés n’étaient d’ailleurs pas connus de la justice, selon les premières informations communiquées par les enquêteurs.
Au Port Boyer, ce nouveau drame ravive une angoisse devenue presque quotidienne.
Car ce n’est pas la première fusillade survenue dans le secteur ces dernières semaines. Quelques jours plus tôt, un jeune homme de 18 ans avait déjà été blessé par balles dans le quartier. Fin avril, une autre attaque avait coûté la vie à un homme et gravement blessé un second.
Les habitants parlent désormais d’un climat devenu invivable. “On vit dans la peur”, confie une tante de la victime. “On se demande juste qui sera le prochain.”
Certaines familles envisagent aujourd’hui de quitter définitivement le quartier. D’autres racontent les balles perdues qui traversent les volets ou les halls d’immeubles devenus zones de deal.
“Avant, ce n’était pas comme ça”, murmure une habitante de longue date. “Aujourd’hui, on ne reconnaît plus notre quartier.”
Présente sur place jeudi soir, la maire de Nantes, Johanna Rolland, a dénoncé “un narcotrafic qui gangrène le pays”. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez s’est également rendu dans le quartier vendredi matin.
Une enquête a été ouverte et confiée aux services spécialisés dans la criminalité organisée.
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Actualité
À Nantes, un adolescent de 15 ans tué dans une fusillade : un quartier sous le choc face à la violence du narcotraficUn adolescent de 15 ans a été tué jeudi soir dans le quartier du Port Boyer à Nantes. Deux autres mineurs ont été blessés, dont un grièvement. Après cette nouvelle fusillade liée au trafic de drogue, habitants et familles dénoncent une spirale de violence devenue insupportable.Par A. Belize - Publié le Dimanche 17 Mai 2026 à 06:00
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