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Mika, la sensibilité à fleur de peau!


Solitude, harcèlement, moqueries... Le chanteur coach de "The Voice" n'a pas eu une enfance facile. Il lève un peu plus le voile sur son intimité.


Par Catherine RONIN - Publié le Lundi 17 Février 2014 à 09:44

On ne voit que lui, mais on le connaît peu. Depuis plusieurs semaines, Mika assure le show dans The Voice, autant par sa spontanéité que par la justesse de ses jugements. Cet artiste d'origine libanaise, qui chante en anglais, mais cultive son français, s'est rapidement imposé avec sa musique pop pétillante et éclectique : en sept ans, il a sorti trois albums et écoulé plus de 10 millions d'exemplaires dans le monde, devenant ainsi l'un des chanteurs les plus prometteurs de sa génération. La recette? Une folie douce, une voix à la tessiture exceptionnelle, des références multiples, entre George Michael, Prince et les Bee Gees, le tout teinté d'un style "baby pop" directement tiré de France Gall ou de Françoise Hardy, des musiques qui ont bercé son enfance, tout comme les mélodies de Disney, dont il dit s'inspirer encore.

Des blessures d'enfance

Mika, la sensibilité à fleur de peau!
L'enfance, justement, qu'il n'a jamais tout à fait quittée et qui a marqué son destin. Dans une interview accordée cette semaine à Paris Match, où il évoque son homosexualité, il avoue avoir traversé des "périodes terribles". Un père américain diplomate, une mère libanaise très présente, de nombreux déménagements et un enfant qui se cherche sans se reconnaître parmi ses camarades. "Petit, déjà, je paraissais trop étrange avec mes pantalons rouges et mes noeuds papillons, se souvient-il dans Match. Les profs me détestaient, les élèves aussi. Au mieux, on m'insultait."


Il s'isole, se renferme, rêve de théâtre et déjà de musique. "J'étais persécuté par les autres garçons concernant ma sexualité, explique-t-il. À 8 ans, je ne savais rien sur ce sujet, cela ne faisait pas partie de mon identité. Les enfants sont redoutables, ils repèrent des proies et j'étais dans leur ligne de mire." La musique devient vite un dérivatif: il s'invente des histoires, s'enferme dans sa bulle, reste "pur et naïf", comme il le dit, et trouve soutien et réconfort auprès de sa tribu, à majorité féminine. "L'unité d'une famille est un rempart solide. Mais j'étais dyslexique, et ma scolarité a été un désastre. Après les moqueries, les changements d'établissement parce que mes parents déménageaient, je suis devenu muet. Ma mère a pris une professeur russe qui me donnait des cours de chant à la maison, et ça m'a débloqué."  

Avec le recul, il conseille aujourd'hui aux parents, confrontés à un enfant atypique, de lui trouver un exutoire pour l'aider à surmonter ce déphasage avec les autres. "Le dessin, la science, le sport... Bref, une passion, même futile, pour les préserver, pour ne plus être sur la défensive, souligne-t-il dans Paris Match. Alors, seulement, on se reconstruit, on retrouve la force qui nous aide à transformer notre vie. Vers 17 ans, j'ai enfin trouvé ma liberté. J'ai accepté ma différence et je l'ai même exagérée." Superbe Mika!