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Diam's parle : «Pourquoi faire de la religion un tabou?»


L'ex rappeuse reconvertie à l'Islam accepte rarement les interviews... Pour la magazine Paulette, et son prochain numéro dédié à la spiritualité, Diam's a accepté de se livrer sur la place de la religion dans sa nouvelle vie loin des paillettes et des projecteurs.


Par Chloé Grondin - Publié le Mercredi 27 Mars 2019 à 08:10 | Lu 2131 fois

Photo: capture d'écran TF1
Photo: capture d'écran TF1
"On fait souvent passer le croyant pour un être faible, semblable à un mauvais naufragé"
Diam's, Mélanie Georgiades de son vrai nom, a tenu à s'expliquer sur sa spiritualité: " Il est tellement rare d’être sollicitée pour parler de spiritualité. Dans un monde aussi matérialiste que le nôtre, on fait souvent passer le croyant pour un être faible, semblable à un mauvais naufragé qui n’a pas d’autres choix que de s’accrocher au radeau de la foi pour ne pas se noyer ".


Pour rappel, en 2013, la rappeuse alors au sommet de sa carrière, décidait à 38 ans de changer radicalement de vie. Elle s'en explique en évoquant son personnage de Diam's: " Tu es pour moi comme une expérience de vie qui a fait celle que je suis à présent. J’ai compris tant de choses grâce à toi, et ça je ne le renierai jamais".

 


"On ne compte plus les suicides, les burn-outs, les pétages de plombs et les diverses formes de déchéance chez les people"
Mais elle pondère:  " Les gens s’arrêtent à la surface des choses sans se demander ce qui se cache au fond. Tu sais mieux que quiconque ce qu’a été pour moi la célébrité. Au-delà de l’épuisement et du stress que subit le corps, il y a aussi le sentiment d’être comme fissurée de l’intérieur, d’être un puzzle divisé en une infinité de pièces qui cherchent désespérément à prendre forme. Comme si ton âme criait à l’aide et que, pour être soignée, elle réclamait autre chose que des antidépresseurs".

Critique sur le monde du spectacle, Diam's affirme aujourd'hui : " On ne compte plus les suicides, les burn-outs, les pétages de plombs et les diverses formes de déchéance chez les people, comme si cette dose émotionnelle était trop intense pour un être humain. Sans même parler du star-system, je pense qu’à partir du moment où on se laisse happer par un travail envahissant, une passion dévorante, une addiction, on peut alors devenir prisonnier d’un tourbillon qui ne nous permet plus de nous retrouver un seul instant avec nous-même, et de ce fait, nous prive de toute paix intérieure ".

"Pourquoi faire de la religion un tabou ? "
Sur sa nouvelle religion qui lui aurait apporté la paix, elle témoigne enfin: " Chacun devrait disposer de temps pour se poser des questions existentielles. Peut-être étais-je trop lucide, mais me lever chaque jour avec la certitude que j’allais mourir m’apportait peu d’ardeur de vivre, c’était trop absurde. Pourquoi faire de la religion un tabou ? C’est un partage, un échange, chacun prendra le chemin qu’il choisira. Mais la foi fait peur, je crois. Car elle déstabilise nos préjugés, elle nous interroge sur nos origines profondes ; elle pose des questions qui peuvent faire vaciller les certitudes les plus ancrées".
"Quand on ne fait pas la distinction entre la noirceur de certains hommes et le message religieux originel, on tombe dans la confusion. Certains ont retiré tout épanouissement spirituel à l’islam, alors que prier, aider les pauvres, maîtriser sa langue, sa colère, ne plus être jaloux, égoïste, matérialiste, ne jamais céder au pessimisme, caractérisent profondément cette religion".