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Daniel Alamelou

les 7 couleurs de l’arc-en-ciel Du rouge du PCR au violet de l’Église…


Tout fraîchement élu conseiller général de Sainte-Suzanne à la place de Maurice Gironcel - en un seul tour de scrutin, Daniel Alamelou peut se targuer d’afficher un parcours fulgurant. En moins d’une décennie, le jeune homme politique s’est vu confier nombre de responsabilités importantes, de premier adjoint à la mairie de SainteSuzanne à la présidence du Sidelec, de la Cinor au Département… Un vrai bâtisseur, de par ses débuts en tant que chef d’entreprise dans le bâtiment, puis inspecteur au Consuel. Aujourd’hui, Daniel Alamelou se consacre pleinement à la vie politique. Y voit-il de toutes les couleurs ? En tout cas, on le passe au prisme des 7 couleurs de l’arc-en-ciel…


Par Propose receuillis par JA - Publié le Mardi 28 Avril 2009 à 14:47 | Lu 2991 fois

Daniel Alamelou
Rouge, c’est la couleur de votre parti politique. Quelles sont les convictions qui vous ont fait rejoindre ce parti ?
J’ai d’abord été politiquement bercé par les deux mandats de François Mitterrand. Puis, à Sainte-Suzanne où je suis né, j’ai vu Lucet Langenier se battre sur le terrain alors qu’on lui avait interdit d’être candidat. J’en ai tiré une leçon : dans la vie, il faut toujours se battre. Lorsque, en 2000, Maurice Gironcel m’a demandé de le rejoindre, j’ai accepté parce qu’il s’agissait de travailler dans un esprit d’ouverture et de solidarité humaine. Ce sont des valeurs qui, malheureusement, se perdent de plus en plus dans la société réunionnaise.

Rouge, c’est aussi la couleur de la colère. Qu’est-ce qui vous énerve le plus, au point de vous faire mettre en colère ?
L’injustice. Les injustices. Je ne peux tolérer de voir des personnes bafouées dans leurs droits. Et encore moins la maltraitance des enfants, et de l’être humain en général. Ma dernière colère, c’est lorsque j’ai appris la confirmation de l’inéligibilité de Maurice Gironcel. A vouloir défendre le social, on prend des risques, et payer pour cela, j’ai du mal à l’accepter.

L’Orange, cela évoque les vitamines. Quel est le cocktail qui fait ainsi s’agiter Daniel Alamelou ? Quel est le secret de votre forme et de votre enthousiasme ?
Un bon petit déjeuner le matin avec mes enfants, ça j’y tiens. De manière générale, je me ressource auprès de ma famille. D’ailleurs, avant de m’engager, j’ai eu un moment de réflexion partagée avec ma famille.

Jaune, c’est le carton d’avertissement de l’arbitre au football. Si Daniel Alamelou devait aujourd’hui mettre en garde les Réunionnais, ce serait contre qui, contre quoi ?
Ne pas tomber dans le piège de la division entre les classes sociales. On ne doit pas monter les uns contre les autres, en disant que l’un gagne plus que l’autre. Éviter le raccourci du RMIste contre le fonctionnaire. Nous devons donner l’exemple à notre jeunesse d’un respect de soi et de l’autre, et il nous faut renforcer le lien de solidarité entre tous.

Vert, c’est la nature, c’est aujourd’hui le développement durable. Quel est le geste le plus important que Daniel Alamelou ait fait pour préserver la planète ?
Je le dis : il faut trier au maximum ses déchets. Evitons de jeter n’importe quoi dans la poubelle grise, utilisons les bacs de couleur et les déchetteries. Plus on trie, plus on redonne vie à la nature.

Vert, couleur de l’espoir. Quelles sont les ambitions de Daniel Alamelou pour son avenir proche, et pour son avenir plus lointain ?
Mon avenir et mes ambitions sont liés à une démarche collective. Ils sont fonction des besoins de la population et des réussites que l’on apportera à chacun de nos mandats. Mon avenir politique dépend de la population, et il doit être collectif. Je ne me fais pas un plan de carrière politique. J’ai commencé, je m’investis, je m’adapte.

Bleu, couleur du ciel. La dernière fois que Daniel Alamelou a levé les yeux au ciel, c’était pourquoi ? Pour remercier quelqu’un, pour fêter sa victoire, ou autre ?
J’ai eu une pensée pour mon père lorsque j’ai remporté l’élection cantonale. Mon père nous a quitté trop vite en 2006, et même s’il n’a jamais été élu, a toujours été très attaché à la chose politique. Alors, j’ai effectivement levé les yeux au ciel pour penser à lui.

L’indigo, c’est aussi paraît-il la couleur que l’on ne voit pas dans l’arc-en-ciel. Quelle est la face cachée de Daniel Alamelou ?
Ma face cachée, c’est ma vie privée. Je suis soucieux de protéger ma famille. Je n’ai pas envie que mes responsabilités politiques mettent en porte-à-faux ma vie privée.

Violet, c’est une couleur que l’on associe à l’Église. Daniel Alamelou est-il croyant ? Que pense t-il de ces jours fériés que Mgr Aubry donne aux tamouls ?
Je suis catholique, baptisé, et j’ai même été enfant de chœur. Et j’ai en héritage un fort métissage : mes grands-parents sont tamoul, cafrine, yab et métisse chinoise. J’ai donc naturellement un grand respect pour toutes les religions. A La Réunion, nous avons justement cette chance du métissage qui a amené le respect mutuel. A partir du moment où ce respect existe, je suis pour la reconnaissance de toutes les religions.

Quelques autres couleurs

Daniel Alamelou
Daniel Alamelou voit-il la vie en rose depuis son élection au Département ?
De toute façon, j’essaye de voir la vie en rose, même quand il y a des problèmes. Je me dis toujours qu’il y a des problèmes plus importants ailleurs.

Que sont nos petits soucis quotidiens quand on voit ces peuples dévastés par les guerres et les famines ? Sort’ dan fénoir, avait dit le Pape à La Réunion. Daniel Alamelou estimera t-il être sorti du fénoir ?
Le noir est ma couleur préférée ! Le noir représente énormément de choses ici à La Réunion, il est lié à notre histoire. C’est une couleur qui fait partie de mon arc-en-ciel personnel. Blanc comme neige, dit-on. Or les politiques sont tous soupçonnés d’être des affairistes, des profiteurs.

Serez-vous pris dans le maelström ?
Quand on rentre en politique, il faut s’attendre dès le départ à être critiqué. Il faut se préparer à des attaques personnelles, c’est pour cela que je veux d’abord protéger ma famille. Maintenant, on doit rétablir l’ordre et la transparence dans le monde politique. La politique est devenue un vrai métier qui demande une grande polyvalence. Et ce sont toujours les politiques qui paient les pots cassés, même si les responsabilités sont ailleurs.

Propose receuillis par JA