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Crash en Argentine: Alain Bernard parle...


C'est au journal l'Equipe qu'Alain Bernard, rescapé du drame de Dropped, a choisi de se livrer... Avant tout pour rendre hommage à ses trois amis disparus et pour rétablir quelques vérités...


- Publié le Vendredi 13 Mars 2015 à 09:01

Le nageur Alain Bernard raconte comment ii a pris l'initiative d'appeler le frère d'Alexis Vastine pour lui annoncer l'horreur de la disparition de son frère: « Quand on a été rapatriés à l’hôtel après l’accident, on a appris que l’information avait filtré en France. J’avais eu le temps de passer un coup de fil à ma mère pour lui dire que j’étais sain et sauf et qu’elle fasse passer le message autour. Je me disais qu’il n’y avait rien de plus horrible pour une famille que d’apprendre la disparition de l’un des siens par les médias. L’organisation prévenait tout le monde. Mais j’ai compris qu’Adriani Vastine, qui savait pour l’accident, allait être au courant de la situation avant que l’organisation ne le joigne. J’ai donc décidé de l’appeler. Adriani m’a demandé de mes nouvelles. Je lui ai alors dit que son frère n’était plus là. Il a fait une crise de nerfs, en hurlant : Je raccroche, je raccroche ! Ils avaient déjà perdu leur sœur en janvier… Je voulais vraiment éviter que cette famille apprenne par les médias cette tragique nouvelle. C’est une responsabilité qu’on avait. »

Puis, il revient sur les faits... « Je ne me considère pas comme un survivant. Je démens l’information selon laquelle je devais monter dans l’hélico avec l’autre équipe. On ne se déplaçait qu’en équipe, toujours groupés. La mienne était composée de Jeannie Longo, Anne-Flore Marxer et Philippe Candeloro. Il n’a jamais été question que je monte avec Camille, Alexis et Florence. On n’est ni des miraculés, ni des rescapés. On est surtout choqués, mais voilà, la vie continue. » 

Quant à l'avenir, très lucide et pudique, il précise: « Continuer à avancer alors que d’autres restent sur le carreau, qu’il y a des familles complètement anéanties… Nous, on est là. On ne peut pas se permettre de s’apitoyer sur nos sorts, on doit continuer à avancer et c’est à travers nos comportements futurs qu’on peut leur rendre hommage. On n’oubliera jamais. On fait partie d’une famille, une famille qu’on ne connaissait pas, il y a peu. Ce sont des gens que je ne connaissais pas, mais il y a aujourd’hui des liens à jamais. »